Les progrès de la science ont permis son arrestation.
Plus de 20 après, Saïd Tayakout a été condamné hier, mercredi 14 décembre, à 25 ans de réclusion criminelle pour sa participation au braquage mortel d’un fourgon Transval à Grenoble.
Le 27 avril 2000, c’est une véritable scène de guerre qui s’était déroulée en plein milieu de la journée à Grenoble. Ce fourgon blindé, chargé de 20 millions de francs, avait été attaqué par un groupe de braqueurs sur le cours de la Libération.
Les malfaiteurs cagoulés, armés de Kalachnikov et d’explosifs n’avaient pas hésité à ouvrir le feu contre le camion, tuant sur le coup l’un des conducteurs, Manuel Ruiz, âgé de 42 ans. Les deux autres convoyeurs avaient eux été blessés très grièvement.
Les braqueurs avaient réussi à repartir avec 10 millions de francs, mais la perruque de l’un d’eux était restée accrochée à l’intérieur du fourgon. Un détail qui aura une importance cruciale par la suite.
Dans leur fuite, les malfaiteurs ont tenté d’incendier leur véhicule mais un témoin les en a empêché. Un geste qui aura permis aux enquêteurs de retrouver une goutte de sang sur l’un des sièges.
L’ADN sur la perruque au cœur de l’affaire
Après les faits, l’enquête est rapidement au point mort. Faute d’identification des malfaiteurs, l’enquête est classée sans suite en 2004. Elle est tout de même relancée dès 2006 suite aux progrès de la science, mais ce n’est qu’en 2018 que l’enquête fait une avancée primordiale.
Alors qu’il vient d’être rattrapé par la justice dans une autre affaire, l’ADN de Saïd Tayakout est retrouvé sur la perruque. Un résultat confirmé après l’analyse de la goutte de sang découverte dans le véhicule des malfaiteurs.
Tayakout, aujourd’hui âgé de 55 ans, a toujours nié avoir participé à ce braquage bien que – juste après – son niveau de vie à particulièrement augmenté. Il s’est notamment fait construite une maison avec piscine et a investi dans plusieurs sociétés. De la même manière, il n’a jamais souhaité dénoncer de potentiels complices.
Après quatre jours d’audience devant la cour d’Assises du Rhône, Saïd Takaout a finalement été condamné hier à 25 ans de réclusion criminelle. Il risque d’effectuer sa peine en même temps que les 26 années de réclusions criminelles auxquelles il a été condamné en appel en 2020, pour trois attaques qui avaient eu lieu en 2013 et 2014 dans la Loire.
Par Thomas Bantchik